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Chapitre 1 : Le hasard, l'intuition et le culot.
Ni prince, ni princesse, ni roi ni reine, pas d'horrible méchant, de sorcière ou de génie aux pouvoirs stupéfiants. Non, rien de tout ça. Juste deux mecs. Je ne dirais pas qu'ils sont tout ce qu'il y a de plus ordinaires. D'abord parce que ce ne serait pas très gentil pour eux. Ensuite parce que je fais partie de ces deux mecs et que je ne crois pas être si ordinaire que ça (n'y voyez pas une marque de prétention, ce serait mal me connaître). Et enfin, parce que le deuxième mec a ce petit quelque chose d'indéfinissable qui fait qu'il ne ressemble à aucun autre. Pas de rayon laser au bout des doigts mais juste une petite lueur au fond des yeux et... une grosse boule de feu au fond des tripes. L'histoire ne se passe pas dans une forêt enchantée ou dans un château maléfique peuplé de vampires. Elle ne se déroule pas non plus au moyen âge ou dans un vaisseau spatial au 23ème siècle. Non, là encore, rien d'aussi fantastique. Cette histoire s'est déroulée à Lyon au cours des dix derniers mois.
Vous me direz que pour une histoire qui commence par « il était une fois », ces premières lignes ne sont guère accrocheuses et ne donnent pas particulièrement envie de tourner la première page. Allez, faites moi un peu confiance. C'est une histoire fantastique que je vais vous raconter là. L'histoire d'un rêve, d'un rêve qui devient réalité. C'est l'histoire d'une rencontre mais c'est aussi une histoire où le destin occupe une place vraiment particulière... Une histoire où le hasard est parfois si présent que cela en devient troublant, une histoire où les coïncidences s'enchaînent de manière si fréquente qu'on est obligé de se demander s'il n'y pas un peu de magie derrière tout ça... Quand j'y repense aujourd'hui et à l'heure où j'écris ces quelques lignes, j'ai tendance à croire que tous ces évènements se sont enchaînés un peu trop facilement pour croire que la seule volonté de nos deux personnages suffise à expliquer tout ce qui a suivi. Troublant, oui c'est le mot pour décrire ce que tout cela m'évoque.
Allez, j'ouvre la première page du livre, vous savez celui dont la couverture est ornée d'un gros anneau d'or et qu'on ne lit que dans son grenier à la tombée de la nuit, pendant que le tonnerre résonne, que les éclairs vous font sursauter et que la pluie s'abat de toute ses forces contre la petite lucarne. Il y a des histoires qu'on écrit par plaisir et d'autres pour être sûr, au fur et à mesure qu'on aligne les mots, qu'elles ont bien existé. Celle-ci entre aussi bien dans l'une et l'autre de ces deux catégories.
Il était une fois un jeune homme âgé d'un peu plus de 19 ans qui avait quitté son Roussillon natal pour rejoindre Lyon, afin d'y mener ses études. Il laissait derrière lui ses parents et son frère, une jolie maison entourée d'un jardin et d'un potager située à quelques dizaines de mètres d'un petit étang, pour se retrouver dans un appartement de quelques mètres carrés qu'il mit peu de temps à redécorer à son goût, collant des affiches de cinéma et quelques guirlandes lumineuses ainsi que les photos dont il était friand punaisées les unes sous les autres de manière très esthétique. Il avait beau n'avoir que 19 ans, cela faisait déjà bien des années que ce jeune homme aux grands yeux bleus et à la chevelure frisée qui semblait le désespérer sans qu'on sache vraiment pourquoi, rêvait de théâtre, d'humour et prenait un malin plaisir à faire rire son entourage avec ses personnages et les sketchs et vidéos qu'il créait avec ses amis. C'était presque un devoir pour lui d'animer les soirées. Dans son groupe d'amis proches, il s'était vu donner la couleur jaune comme symbole pour le côté positif qu'elle représentait et l'énergie qui lui collait à la peau, tout comme ses vêtements d'ailleurs dont les couleurs vives ne se limitaient pas seulement au jaune et qui faisaient qu'on le voyait arriver de loin. Oui, on voyait toujours arriver de très loin Alexandre, car c'était ainsi qu'il s'appelait. Il communiquait facilement son sourire à ceux qui l'entourait, tant son enthousiasme semblait contagieux.
Alex avait donc du quitter les cours de théâtre qu'il suivait assidument près de chez ses parents et avait du en trouver d'autres sur Lyon. C'est ainsi qu'il avait rejoint un café théâtre lyonnais où, moyennant un peu d'argent, on lui permettait d'incarner des personnages de sketchs écris plus de quinze ans auparavant pour d'autres que lui et qu'il jouait malgré tout avec plaisir, passant du costume d'un assistant garagiste à celui d'un vendeur de fringues très convaincant.
Le hasard est parfois très joueur, car avant même de le rencontrer, j'avais déjà entendu parler de lui. Sans y faire particulièrement attention, j'avais d'abord été le témoin d'un coup de téléphone passé un soir d'été, alors que je me trouvais dans le jardin d'une des comédiennes de la Lily qu'il avait appelé pour la convaincre de lui garder une place dans les ateliers de la ligue d'improvisation dont je suis le président. Au prix de quelques blagues, il essayait de lui faire oublier que les fameux ateliers étaient déjà complets. Ces blagues avaient fait sourire et, coup de chance (...), une place s'était libérée peu de temps après. C'était rare que ceci arrive et, quand j'y repense aujourd'hui, la coïncidence qui fit que j'étais présent le jour où il appela Selena sur la recommandation d'un autre comédien que je connaissais également, Emmanuel pour ne pas le nommer, avait de quoi surprendre. Mais, ce soir là, le repas reprit rapidement et j'oubliais très vite son appel et les rires qu'il avait suscité par sa persévérance téléphonique.
A peine quelques semaines plus tard, sa prof d'impro me reparlait de lui, alors que le mois d'octobre débutait à peine. Elle me l'avait présenté comme un des rares élèves qui avait réussi à faire d'un exercice de vaisselle improvisée, exercice au cours duquel il faut raconter ses vacances tout en essuyant des couteaux et des assiettes imaginaires, un véritable sketch où les ustensiles se transformaient en soucoupes volantes. Mais bon, l'évocation des exploits de laveurs de couverts d'Alexandre n'avait duré que quelques secondes au milieu de descriptions d'autres élèves moins à l'aise avec le Palmolive fictif et je n'avais fait aucun rapprochement entre le garçon qui avait épaté Sophie en impro et celui qui avait appelé Selena deux mois plus tôt.
Je le rencontrai pour la première fois du côté de Gerland, un soir où je terminais de manger avec un ami que j'avais d'ailleurs bien du mal à consoler d'une rupture. On échangea quelques mots sur un bout de trottoir alors qu'il allait boire un verre avec des amis et sa prof d'impro. Je lui fis un petit compliment sur sa fameuse vaisselle qui sembla lui faire plaisir et je remarquai la petite étincelle qui brulait dans ses yeux. Cette première rencontre ne dura que quelques secondes mais le hasard venait de lancer une nouvelle carte sur la table et attendait son heure pour jeter la suivante. Il ne patienta pas très longtemps pour nous donner une occasion de nous revoir. A peine un mois et nous nous recroisions tôt le matin dans les locaux de la Lily, à l'heure du démontage de la patinoire qu'il avait du admirer tant de fois dans sa jeunesse à l'occasion des matchs qu'il allait voir avec ses amis au transbordeur et dans lesquels il applaudissait Philippe Saïd et Cécile Giroud. On échangea quelques politesses, une ou deux plaisanteries et, si nous nous croisâmes plusieurs fois durant ce fameux match et pendant la soirée qui suivit et où, pour la première fois, je le vis à l'½uvre sur une piste de danse, il quitta la soirée sans que nous échangions un mot ou un regard. Ce n'était pas encore l'heure et le hasard avait décidé de nous faire attendre encore un peu.
L'histoire aurait pu s'arrêter là mais Alex décida d'aller voir un spectacle que j'organisais quelques temps après. Il s'agissait d'un concert improvisé. Mais la salle était pleine et il était hors de question pour la fille qui s'occupait de la caisse de laisser entrer quelqu'un qui n'avait pas réservé. Et Alex, n'était pas vraiment du genre à réserver une place à l'avance... Je chuchotais à l'oreille d'Annabelle ou de Florence (je ne me souviens plus très bien, les souvenirs s'effacent vite et il était temps que j'écrive cette histoire) pour lui demander de laisser entrer Alex et sa petite bande, même si la salle était complète. Je ne sais même pas s'il s'en aperçu. Il pu regarder Cécile Giroud improviser un bel apollon, mais là encore, nous n'eûmes plus l'occasion de discuter. Alex avait sans doute bien d'autres soirées à rejoindre après le spectacle. Pourquoi l'avais je laissé entrer dans le caveau du Boulevardier alors que nous refusions du monde ? Je n'en sais trop rien. J'avais juste senti que c'était une bonne idée, c'est tout. Peut être le souvenir de la petite flamme dans son regard au moment de notre première rencontre à Gerland ne s'était-il pas effacé...Sur le coup je me dis simplement que c'était la moindre des choses que de faire entrer un élève des ateliers de la LILY et qu'il avait l'air plutôt sympa. Mais je sais que ce n'étaient pas les seules raisons.
Plus que le hasard, c'est sa témérité et son culot qui furent responsables de notre rencontre suivante. C'était le 13 décembre 2008, il y a 11 mois à peine. Les Improlocco avaient investi la salle Garcin et recevaient l'équipe de Nancy pour jouer un Improbingo, spectacle qui ne survécu d'ailleurs pas très longtemps. Je me demande même si ce soir là ne fût pas le dernier pour ce spectacle. Alex avait envie de découvrir l'improbingo dont on lui avait parlé et était donc installé dans les premiers rangs de la salle. De mon côté, affublé d'une perruque ridicule et d'une cravate dont la couleur aurait crevé le deuxième ½il d'un borgne, je présentais avec un sourire digne de Jean Pierre Foucault, grâce à un produit qui du finir dans un carton. Les Improlocco n'étaient pas en grande forme mais Cédric, Julien, Damien et les autres Nancéens étaient à fond et le spectacle fonctionnait. A un moment, je descendis dans le public pour solliciter de quoi faire improviser des morts théâtrales aux comédiens et m'approchai donc tout naturellement d'Alex pour lui demander un lieu et un objet. Ne me demandez pas lesquels, je ne m'en souviens plus... (peut être un tisonnier ?!) Mais je suis persuadé que lui, en revanche, s'en souvient parfaitement, comme de tout ce qui concerna cette soirée. Il y avait au moins deux cents personnes dans la salle mais c'est à lui que je tendis le micro. Là encore, en dehors du fait que je le connaissais de vue et qu'il dégageait quelque chose de sympathique, je le choisis lui plutôt qu'un autre. Une petite voix sans doute avait du me souffler que c'était une bonne idée. Et comme j'ai l'habitude de suivre mes intuitions, je l'écoutais une fois encore. Je crois aussi que c'était une façon pour moi de lui dire « je sais que tu existes », même si je ne savais pas vraiment pourquoi c'était important de le lui dire.
A la fin du spectacle, nous avons pour habitude de nous réunir avec les comédiens qui ont participé et les bénévoles. Ce soir là, c'était chez une amie et nous avions convenu que, vu la taille de son appartement, nous limiterions au maximum le nombre de personnes invitées. Pendant que les spectateurs quittaient les lieux progressivement, chacun se pressaient vers les voitures pour gagner la soirée. Mais Alex ne partait pas. Non, il restait dans les parages et tentait habilement de se faire inviter. Il tenta sa chance auprès d'un des comédiens de Nancy qui l'invita naturellement...sans même savoir s'il le pouvait. Je croisais Alex et le conviait à mon tour à se joindre à nous, alors même que quelques heures avant je demandais à chacun d'éviter ce type d'invitations. Il ne se fit pas prier et monta donc dans une voiture, laissant les amis avec lesquels il était venu voir le spectacle. Faisant preuve d'un culot certain, le voilà donc dans la fameuse soirée où il ne connaissait encore personne. Pour être tout à fait sincère, cet épisode sur le parking ne m'avait guère marqué. J'avais fait comprendre à plusieurs personnes que ce n'était pas possible de se joindre à nous, craignant de me faire gronder par mon amie aux cheveux rougeoyants mais quand Alex m'avait demandé s'il pouvait venir, je lui avais dit oui, sans hésiter. Puis, une autre pensée avait chassée cette invitation. J'avais mal au ventre, ce que je déteste par-dessus tout et je pensais davantage à rentrer chez moi qu'à rejoindre cette soirée. Je ne sais pas pourquoi, peut être parce que j'organisais le spectacle, je me laissai convaincre d'y aller malgré tout, ne serait ce qu'un petit moment. A l'arrivée et une fois gavé de médicaments (vous ai-je déjà dit que j'adore me balader avec tout un tas de boites de gélules et de cachets pour le cas où ?) je tentais de me mettre dans l'ambiance.
Je ne suis pas un grand amoureux des soirées. Vraiment pas même. Cela aurait son importance pour la suite de l'histoire, une très grande importance même, la soirée entre amis étant encore aujourd'hui un sujet qui nous concerne particulièrement lui et moi. Mais ce soir là, je ne sais pour quelle raison, l'ambiance était bonne, chaleureuse et rassurante pour quelqu'un comme moi qui craint toujours de ne pas être à la hauteur des festivités, comme s'il avait la responsabilité de la réussite de la fête. Je passai donc d'un ami à un autre, discutais avec les uns et les autres et finissais dans un des canapés. C'est sans doute à ce moment là que je le vis. Je l'avais complètement oublié. Mais là, il était difficile de ne pas le remarquer. Il avait beau ne connaître personne quelques heures plus tôt, il semblait complètement à son aise, discutant avec chacun et semblant enchaîner les délires. Il finit par venir s'asseoir à côté de moi. Il tenait absolument à ce qu'on soit pris en photos ensemble et cela m'amusa autant que ça me surprit. C'était inattendu et j'aime beaucoup l'inattendu. On discuta quelques minutes et il finit par me laisser, pour aller délirer avec d'autres. La soirée se poursuivait et je m'y sentais bien. Vers 5 heures du matin, alors que la plupart des lyonnais étaient rentrés chez eux, les nancéens se préparèrent à prendre leur bus pour rejoindre la gare. Un dernier verre et un faux départ plus tard, ils étaient partis, nous laissant leur joie de vivre en cadeau et le sourire sur les lèvres. Nous n'étions plus que quelques uns et la plupart allèrent se coucher. Tony s'était endormi sur un des canapés et ronflait comme un sonneur.
C'est à ce moment là qu'Alex et moi nous retrouvâmes sur un des divans du salon. Cathie est ses enfants étant partis dormir et nous décidâmes d'attendre l'heure du premier bus pour partir. La lumière avait été baissée et Alex était parvenu à prendre le contrôle de la musique. J'apprendrai quelques mois plus tard que la musique occupait une place essentielle dans sa vie, que les petits délires avec chacun dans les soirées faisaient partis de son caractère, particularité qui donnerait même droit à une phrase dans un de nos sketchs. Mais pour le moment, je n'y prêtais guère attention. On se mit à discuter tranquillement et à voix basse pour ne pas réveiller Tony. La discussion était intéressante mais surtout très étrange. On ne se connaissait pas et pourtant, on parla comme si on se connaissait depuis très longtemps. Les confidences s'enchainaient, les rires aussi sans pour autant que l'émotion soit absente. J'aime les moments hors du temps et, aucun doute là-dessus, c'en était un. On finit par partir sans faire de bruit et à prendre le bus. Il me raconta ses retours nocturnes en navette et comment il aimait faire le spectacle dans les bus de nuit, ce qui m'amusa beaucoup. On se quitta rue de la République. Je me rappelle ne pas m'être senti fatigué du tout alors qu'il devait être 7h du matin. On se promit de se rappeler, comme on le fait souvent avec des connaissances de soirée, appel qu'on ne passe finalement jamais. L'un d'entre nous prendrait-il son téléphone ?
C'est moi qui pris le mien quelques jours plus tard pour lui proposer de se joindre à Tony et moi à la Marquise où la Lily jouait son spectacle hebdomadaire. Je savais qu'une des comédiennes qu'Alex appréciait jouait ce soir là et que ça lui ferait sans doute plaisir de la voir. J'avais bien aimé cette soirée et son ambiance si particulière et j'avais apprécié aussi ce petit bonhomme si spécial, à la fois drôle et touchant et la confiance qu'il m'avait accordée aussi rapidement, comme si cela allait de soi. Je décidais donc de l'appeler et mon coup de fil tomba pile au moment où il allait prendre son tramway. Pourquoi ne pas vous épargner ce détail ? Tout simplement parce qu'Alex sembla y attacher une certains importance. Je l'appelai juste « au bon moment » me dit-il et notre conversation dura donc le temps de son trajet. Il n'était pas certain de pouvoir se libérer pour le spectacle mais, coïncidence encore une fois, ce qui devait l'empêcher de venir s'arrangea et on se retrouva donc à la Marquise pour assister au spectacle. Le bar parallèle n'était pas exceptionnel mais avec Tony nous passâmes tous les trois une soirée très amusante. Elle se termina chez moi jusque très tard mais sans que Tony puisse se joindre à nous. Avec Alex, on se rappelle bien de cette soirée, des courses faîtes dans un petit casino à près de 23 heures et des fromages de chèvre qu'on ne mangea finalement pas (les Curly n'eurent pas cette chance et Alex les engloutit rapidement... Son goût pour ces petits gâteaux apéritifs faillit même se retrouver dans un de nos sketchs... faillit simplement). On aurait pu croire qu'on ne retrouverait pas le climat de la soirée de l'improbingo, cette espèce de confiance et de complicité. Pourtant, elles furent au rendez vous et la soirée se passa très bien. Alex me raconta un peu ce qu'il jouait dans son café théâtre et on se quitta en convenant de se rappeler, une fois encore. Les vacances de Noël allaient commencer et il partait avec ses amis en Espagne.
De mon côté, je gardais l'appartement d'une copine pour quelques jours, appartement dans lequel l'histoire que je suis en train de vous raconter se déroulera plus tard et qui a toute son importance. Pendant qu'Alex profitait des fêtes de Noël, un soir, j'eu une idée bien saugrenue mais elle résonna suffisamment fort dans mon esprit pour que je décide de lui passer un nouveau coup de fil. Il m'avait beaucoup parlé de ce qu'il faisait dans son café théâtre. Ca ne semblait pas le satisfaire énormément et je sentais qu'il méritait beaucoup mieux, si tant est qu'il s'en donne les moyens, lui dont le rêve semblait si fort. Et si on créait ensemble un sketch ? Et si le collectif dont je m'occupais organisait un festival d'humour pour permettre à de jeunes talents de s'exprimer sur des créations originales et pas sur des sketchs un peu passés ? L'idée était séduisante mais bien compliquée. Le temps manquait... Mais comme souvent quand j'ai envie de créer quelque chose, je décidais de ne pas lâcher l'idée. Je passais quelques heures à l'améliorer et, finalement, je décrochais mon téléphone pour passer deux coups de fil. Le premier fut pour Tony qui fut emballé à l'idée de créer ce qui allait s'appeler le Comic trip. Le second coup de fil fut pour Alexandre à qui je proposais qu'on se retrouve le lendemain soir devant l'église Saint Georges car j'avais un projet à lui proposer... L'idée lui plairait elle ? Aurait-il envie de tenter l'aventure ? Je sentais que oui. De mon côté j'avais très envie de créer cet évènement mais surtout envie de sortir mon clavier. J'avais rencontré une personne qui me donnait envie d'écrire quelque chose. Alexandre serait-il d'accord pour que je lui écrive un sketch ? J'allais rapidement être fixé...
Chapitre 2 : Madame Coladéfranc et 22 minutes de soirée entre amis